Pensées sensitives

Par Venus80

Satanées fringues

Désireux de parfaire ma garde robe pour mieux m'accompagner dans ma nouvelle vie professionnelle, j'ai donc fait les magasins à la recherche d'un costume plus dans le vent et plus formel que ceux constituant les incontournables de ma penderie.

Ayant opté pour un site commercial rassemblant une palanquée de marques aussi différentes que raffinées, j'entre dans une première boutique, en trouve un à ma convenance et passe en cabine d'essayage. Sacrebleu, je flotte littéralement dans le pantalon alors que la veste me tombe impeccablement. Je regarde la taille du futal de plus près et me rends compte qu'il s'agit d'un 46 accompagnant un haut en 50. Vraiment étrange, j'étais habitué à une différence de 8.

Je ressors et finis par trouver un autre candidat à l'essayage. Nom de diou ! Même symptôme, je pourrais faire du Hoola Hoop tellement la taille est grande ! Un autre magasin, rebelote !

Après le cinquième essayage j'ai senti souffler le vent de la défaite balayer ma nuque dans ces allées en plein air, entre les échoppes. Que s'est donc t-il passé en quelques années ? Je n'avais fait l'acquisition d'un complet depuis trois révolutions, époque à laquelle je n'avais pas rencontré de difficultés semblables. Les tailles ont elles été revues, la gente masculine cultive t-elle plus qu'avant des cellules adipeuses en batterie au niveau de la ceinture pondérale ? J'ai moi-même quelques poignées naissantes mais pour un 50 de veste, c'est bien un 42 de pantalon qu'il me faut !

Tout compte fait j'ai trouvé une coupe qui me plaît chez une marque où je pouvais choisir moi-même la taille du haut et du bas (52-42). En bonus, aucune retouche n'est nécessaire pour le pantalon.

Cela aura demandé trois heures, mais veni vidi vici !

Basicité masculine

Dans le vrac des choses qui m’énervent passablement (on dit aussi « me gonflent »).

Je ne peux pas supporter l’idée généralement reçue que la pénétration est une finalité dans un rapport sexuel, pour les hommes.

Il y a tellement d’autres manières de prendre du bon temps.

Voilà, ça c’est dit.

A perdre haleine

La vidéo
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Je vous laisse savourer...

La douche

Ah la douche. Récemment encore je ne jurais que par le bain. La douche a cependant des qualités que j'ai découvertes il y a peu. Sentir l'eau s'écouler le long du corps, écouter son bruit... Peu glorieuse écologiquement une douche prolongée est une vraie purification comme si la saleté, les défauts, la rancune, l'amertume, le ressentiment, le stress accumulés étaient entraînés par le courant. C'est une sensation délicieuse et je pourrais y rester des heures.

Prolongée, je retrouve en la douche les vertus de la marche à savoir le fait de fermer la porte au monde afin de me retrouver vraiment seul avec pour seul interlocuteur moi-même... Une douche en circuit fermé, voilà une idée intéressante pour en jouir longuement sans consommer d'eau de manière abusive. Il y a aussi un grand plaisir qui peut accompagner la douche. Cela consiste à trouver une position confortable à même le sol et d'exposer son dos à la chute d'eau. Plus l'eau coule avec force et vitesse et plus le massage ainsi provoqué est efficace, décontractant. Avec des mouvements droite/gauche/avant/arrière, je déplace ainsi mon corps sous la cascade pour mieux soumettre mes épaules, ma nuque, mes omoplates et toute la colonne vertébrale jusqu'au bas des reins à cette pluie drue, pour en devenir à la fois doucement et fermement pétri sur chaque centimètre carré.

La marche

J'aime marcher. Non d'ailleurs c'est faux, j'adore marcher. Et quand je parle de marcher, je parle de déambulation pédestre durant au moins une heure.

La marche est certes un exercice sportif pratiquée ainsi sur une durée conséquente et très régulièrement, -il est vrai que je marche plutôt vite, entre 5 et 6km/h- mais à vrai dire ce n'est pas cela qui m'intéresse. Ce que j'aime c'est qu'une fois le rythme atteint, la démarche trouvée, les pieds avancent tout seul, c'est à peine s'il faut regarder pour avancer, les bruits sont filtrés et il n'y a guère que pour traverser une rue que je redeviens attentif à mon environnement. Une fois cet état d'esprit atteint où je ferme quasiment la porte à l'extérieur, je me retrouve avec moi-même, mes pensées, mes réflexions.

La marche est ici une vraie méditation, où la distance physiquement parcourue importe peu, c'est le voyage intérieur qui compte, hors de l'espace et hors du temps. Je peux marcher pendant deux heures tout en ayant l'impression d'avoir rêvassé dix minutes.

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<< Etre père se paie déjà assez cher >>.

De deux choses l'une. La première c'est que Mesdames, la voiture familiale n'est toujours pas faite pour vous. La deuxième c'est que vous accablez l'homme qui partage votre vie en lui donnant des enfants.

Charmant, Volkswagen.

Le frisson

Dans les sensations connues mais mal explorées, j’ai approfondi ces derniers temps le frisson de plaisir.

Le frisson de plaisir chez moi ne se déclenche quasiment exclusivement que dans deux situations (1) : en contact avec l’autre (par exemple tenir quelqu’un dans mes bras), ou en écoutant une musique que je trouve particulièrement excellente dans le sens où elle abonde dans le sens de mes affinités esthétiques. Je connais ce frisson depuis des années mais je n’ai jamais fait la démarche de l’analyser.

Ces derniers temps, j’ai découvert une musique qui, toujours au même moment, me provoque systématiquement ce frisson-là, et je vous parle là de dizaines d’écoutes sur une période de plusieurs mois. Après une analyse quasi scientifique basée sur des observations répétées, je vous livre une description que j’espère la plus complète possible du phénomène.

Le frisson commence au niveau des reins -très rarement plus bas- et monte très vite entre les omoplates. Quand il y arrive, l’intensité y est déjà presque maximale, le frisson se sépare en quelque sort et prend la direction des épaules. S’il est assez puissant cela provoque une sorte de spasme ou de convulsion qui entraîne une réaction motrice commandant bras et colonne vertébrale. A ce moment là c’est une vraie catharsis, le paroxysme du plaisir est atteint. Les secousses s’estompent aussi vite qu’elles sont apparues et le frisson finit par mourir dans la nuque.

Comparé à un orgasme masculin -il faut bien employer ce mot tellement la sensation est comparable dans le plaisir ressenti bien que la forme de plaisir soit différente et ne stimule pas les mêmes parties anatomiques- qui est aussi bref que violent et dont le plaisir tient plus en ce qui me concerne en la descente que l’orgasme en lui-même, le frisson dure beaucoup plus longtemps ! Au moins une dizaine de secondes sont nécessaires pour que la sensation disparaisse totalement.

Selon les situations il m’est possible de sentir un frisson en préparation, les poils se hérissent et les picotements commencent dans le bas du dos. C’est avec une réelle extase que j’attends alors qu’il gagne les omoplates et j’ai l’impression que cela peut prendre alors plusieurs secondes avant qu’il n’y arrive.

Il faut bien appeler les choses par leur nom, le frisson de plaisir est une véritable jouissance. Si le frisson était un tremblement de terre, je dirais que le meilleur dans tout ça sont les répliques. J’ai gardé le meilleur pour la fin : je peux avoir plusieurs frissons qui se succèdent si par exemple le moment musical particulièrement apprécié dure dans le temps.

Il m’est donc possible d’être ainsi porté sur une sorte d’onde de frissons entraînant une hausse des pulsations cardiaques, allant et venant, provoquant des réactions motrices que je me refuse le plus souvent possible à contrôler. Cette onde peut ainsi me porter pendant plus d’une minute, je ne suis alors plus qu’une chose aux mains de ce plaisir, je m’abandonne totalement, et je cède le contrôle avec la plus grande grâce pour mieux subir…..

Autant le frisson simple n’est pas contrôlable autant l’onde de frisson peut-être réprimée quand les circonstances ne s’y prêtent pas, par exemple lors d’une écoute en société. Quoi qu’il en soit et quand je me laisse totalement aller, je suis absolument certain de gémir quelques fois.

Également, quand m’est donnée la liberté de pouvoir profiter sans contrainte de ce moment, la descente s’accompagne alors d’une sensation de plénitude doucereuse.

(1) depuis la rédaction de ce texte, j’ai pu constater que le frisson de plaisir pouvait se produire lors d’une conversation, quand je parle de quelque chose ou d’un souvenir auxquels se rattache un sentiment fort comme le plaisir ou la tristesse. L’évocation de la série Six Feet Under dans une discussion est un bon exemple.